Interview Julia Ruiz [FRA]

Peux-tu te présenter aux fans ?

Je m’appelle Julia RUIZ, j’ai 23ans et je suis originaire du Bassin d’Arcachon.

Je suis détentrice d’une licence en Physique fondamentale

et j'ai commencé des études en Master de recherche Biophysique…

Mais il me manquait quelque chose pour réellement m’épanouir dans mes études.

J’ai donc arrêté mon Master pour prendre des cours de dessin et travailler

un peu à côté pour préparer mon entrée en école d’art appliqué l’année prochaine.

 

Qu’est ce qui t’as poussé à faire du judo et non un autre sport ?

Si tu aurais fait un autre sport, c’est quoi ?

Petite j’ai commencé par faire de la gym…

mais paradoxalement j’avais atrocement peur des chutes sur la poutre ou les saltos au sol.

J’ai donc changé pour la danse ! J’ai toujours aimé danser !! Mais je ne me dépensais pas assez…

j’avais besoin d’un sport ou je pouvais me défouler sans retenue, un sport de combat convenait parfaitement !

J’avais pensé à la boxe mais petite je pensais déjà “oh mon dieu je ne veux pas finir défigurée”...

le judo était une bonne alternative. Et depuis mes 6ans j’y suis encore accro’.

 

Etre judoka c’est bien, mais qu’est-ce que ça représente pour toi ?

En étant judoka on représente bien plus qu’un sport.

Le code moral, et toutes les valeurs que transmet le judo, donnent aux plus jeunes un cadre de vie ou le respect,

l’amitié et l’entraide règne. On apprend que si l’on veut le meilleur de l’autre, il nous faut aussi donner le meilleur.

Ces valeurs s’appliquent tout aussi bien dans la vie quotidienne.

Dans mon cas, j’ai beaucoup appris sur moi-même pendant mes années en sport étude

et je continue encore aujourd’hui à me découvrir. C’est ce qui fait aussi la beauté de notre sport.

 

Quels sont tes ressentis avant chaque compétition ?

Avant chaque compétition, j’essaye de faire de l’imagerie mentale…

comme des uchi-komi mais dans ma tête ! Je répète mes gammes (prises de garde, spéciaux etc…) mentalement.

Pour ce qui est du stress, je reste dans l’instant présent à discuter et rire avec mes amis

et coachs jusqu’au moment de monter sur le tapis pour mes combats.

Je ne suis pas de nature à être stressée, mais avant mes matchs

j’ai besoin de cette pointe d’adrénaline pour me dépasser et donner le meilleur…

et pour cela il n’y a rien de mieux que l'orgueil paradoxalement !

Enfin pour moi en tout cas ça marche très bien ! C’est le seul moment où je me permet de le laisser sortir.

 

As-tu déjà eu des moments de démotivations à cause de blessure ?

Quelle étaient ces blessures ?

Je n’ai jamais eu de grosses blessures donc je croise les doigts pour que ça dure !

Que de grosses entorses, tendinite et autres petits bobos.

Je me suis toujours dit que ce n’était que temporaire

et je faisais en sorte d’occuper autrement et efficacement mon temps en rééducation

ou en faisant des exercices physique qui ne sollicitaient pas ma blessure.

On est tous passé par là quand on pousse son corps au-delà de ces limites.

 

Peux-tu nous dire, grâce à qui tu continues ce sport ?

D’un point de vue psychologique je répondrai grâce à ma famille et moi-même.

J’ai rencontré beaucoup de difficulté d’ordre personnelle pendant mes premières années de sport études

et si ma famille n’avait pas été là et si moi-même je ne croyais pas en mes capacités,

je pense que j’aurai arrêté depuis longtemps.

J’ai toujours voulu faire du haut niveau (depuis toute petite),

et mes parents n’ont fait que me soutenir et me suivre dans mes décisions.
 

Je veux aussi dire merci à toutes ces personnes qui ont participé au projet “l’élite ou rien”

de crowfunding qui ont permis de me soutenir financièrement dans mon projet de haut niveau sur Paris.

En effet, tout le monde sait que dans la capitale la vie est chère et sans eux je serai sûrement redescendu dans le sud ! Donc MERCI :)

 

Comment vois-tu le judo dans 50 ou même 100 ans ?

Déjà quand je regarde des vidéos de combats d’il y a 20ans

je vois à quel point le judo est devenu beaucoup plus rapide et en action réaction.

Je n’imagine ni plus ni moins que cela s’accentue avec le temps.

On voit aussi que la préparation physique est devenue indispensable pour percer dans le haut niveau,

j’espère jusque que ce ne sera pas au détriment du judo a proprement parlé !

Tout devient plus minutieux, mais j’imagine mal comment on pourrait l’être encore plus

car comme on le sait le sport n’est pas vraiment une science exacte

(du fait du côté psychologique de chacun) et d’autant plus les sport de combat.
 

Ton (ou tes) objectif(s) ou rêve(s) ?  

Ce serait banal que de dire les JO mais en même temps n’est-ce pas le rêve ultime de tout compétiteurs ?!

Et bien évidement le titre de championne du monde et d’Europe.

Mais si on procède par étape, appartenir à l’équipe de France serait déjà un bon bout !!

 

Cite-nous une ou plusieurs idole(s)…

Pourquoi cette ou ces idole(s) ?

Je n’ai pas vraiment d’idole à vrai dire mais j’aime m’inspirer de ce que je vois quand

je suis sur le bord du tapis à l’INSEP ou à l’IJ et j’apprends beaucoup de mes entraîneurs.

On a tellement de grands champions dans nos entourages que je ne ressent pas le besoin d’aller voir ailleurs.

Plus jeunes, je ne voyais que par Barbara Harel et Frédérique Jossinet.

Je voyais en elles deux forces tranquilles qui attendaient patiemment d’abattre la bête

avec beaucoup de sang froid et de persévérance !! C’étaient clairement mes modèles,

et elles restent encore aujourd’hui d’une certaine manière dans mon esprit

quand je pense à mon attitude sur le tapis de judo...

 

As-tu particulièrement un porte bonheur ?


Je n’ai pas de porte bonheur car je ne crois pas du tout en cela. Ni aux routines d’ailleurs !

J’estime que l’on gagne, non pas par chance,

mais parce qu’on l’a décidé au plus profond de nous-même

et que l’on a tout fait pour y parvenir.

Pour moi la chance se crée et se mérite ! Elle n’apparaît pas toute seule !

 

On voit souvent les champions écouter de la musique avant de combattre,

fais-tu pareil ? Et qu’écoutes-tu ?


Je n’aime pas écouter de la musique pendant mes compétitions… à part pour faire une sieste !

J’aime vraiment me laisser imprégner de l’ambiance de la salle, de la tension, de rester dans l’instant présent.

Ça m’aide à rentrer dans mes matchs !

Et puis j’ai l’impression que la musique ne ferait que cacher mon stress

alors que je préfère lui faire face d’entrée de jeu :

en prendre conscience me permet de ne plus y penser pendant le combat et de me libérer.

 

Pour finir, as-tu un mot à dire pour les fans ?


Je ne sais pas si j’ai des fans mais en tout cas ce que je peux dire aux judokas en règle général

c’est que si vous ressentez a un moment donné une appréhension une peur qui vont ronge dans votre pratique,

en compétition ou à l’entraînement, et que celle-ci ne disparaît pas malgré vos efforts, n’hésitez pas à prendre du recul

et de faire un break de quelques jours pour y voir plus claires et vous posez les bonnes questions…

Personnellement ça m’a beaucoup aidé !

Sinon continuez à prendre votre pied sur les tatamis et bonnes bastons :)

 

Merci beaucoup Julia d'avoir répondu à toutes les questions et à bientôt !! Rigolant

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Date de dernière mise à jour : mardi, 14 mars 2017



 

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