Il a vaincu le cancer grâce au judo

Voici un article de nos judokas Canadiens par le journaldemontreal.com


Il y a 17 ans, les chances de survie de ce professeur

d’éducation physique n’étaient que de 30%


Michel Goyette donne toujours des cours de judo quatre fois par semaine,

dans la grande région de Montréal. Ci-contre, il pose avec ses deux enfants

Michaël-Sacha (à gauche) et Marie-France (à droite),

ainsi que sa conjointe Chantal Poussart à l’arrière-plan.


Survivant d’un foudroyant cancer du côlon,

Michel Goyette a l’impression de vivre sur du temps

emprunté depuis 17 ans.

Ce prof de judo hyperactif profite de chaque minute

que la vie lui donne, au point où sa femme n’arrive pas à soutenir son rythme.

«Je n’essaie même pas de le suivre»,

lance Chantal Poussart, en levant les yeux au ciel.

Son mari, Michel Goyette, vit à 200 milles à l’heure depuis toujours.

Et l’homme de 63 ans n’a pas ralenti la cadence

quand il a pris sa retraite de l’enseignement, en 2013.

Entraîneur de judo, arboriculteur à ses heures,

membre d’une chorale, initiateur d’une collecte de fonds,

inventeur: tout l’intéresse et rien ne l’arrête.

Même un cancer virulent n’a pas calmé ses ardeurs.

Pourtant, Michel Goyette n’avait que 30 % de chances de survivre

lorsque les médecins ont découvert que la maladie le rongeait, en 2000.

Jamais malade

Le professeur d’éducation physique de l’Externat Mont-Jésus-Marie,

qui n’était jamais malade, a soudainement commencé à vomir.

Puis, son ventre s’est mis à enfler «comme une femme enceinte».

Au début, Michel croyait qu’il s’agissait d’une gastro.

Mais sa femme, qui est secrétaire médicale en oncologie,

a su que quelque chose ne tournait pas rond

quand le teint de son mari a viré au jaune.

Le père de famille s’est rendu à l’urgence, en février.

On lui a recommandé de faire une coloscopie... deux mois plus tard.

Inquiète, Chantal a suggéré à son mari de contacter le père

d’un de ses jeunes judokas, qui est gastroentérologue.

Cette démarche a probablement sauvé la vie de Michel Goyette.

«Le médecin l’a vu le mardi et il a été opéré d’urgence le jeudi.

Si on avait attendu deux mois, il serait mort», explique Chantal.

Deux combats

Depuis ce jour, le prof de judo n’a jamais cessé de se battre,

sur le tatami comme dans la vie.

«Comme on dit au judo, “six fois tombé, sept fois relevé”», philosophe-t-il.

Le père de famille a dû subir des traitements de chimiothérapie

pendant six mois. Mais cela ne l’a pas empêché

d’enfiler son judogi — tenue de judo — pour autant.

«J’allais vomir avant, puis je m’entraînais comme un fou.

C’est comme si en me battant sur le tapis je me battais

contre mon cancer en même temps»,

dit celui qui est ceinture noire en judo et en jiu-jitsu.

L’enseignant est retourné au travail à peine six mois après son opération.

«J’avais besoin de la présence des enfants pour continuer», affirme-t-il.

Japon

Deux ans plus tard, Michel a eu la chance d’aller au Kodokan, à Tokyo.

Il s’agit d’un centre d’entraînement pour les judokas de niveau international,

où n’entre pas qui veut.

C’est le père d’un de ses élèves qui lui a permis

de réaliser le rêve de tous les judokas.

«Il s’en allait au Japon pour affaires. Je lui ai dit à la blague:

“Je pourrais t’accompagner comme garde du corps.”

Il m’a fait livrer des billets par Purolator», se souvient-il.

Question de donner au suivant,

l’enseignant a ensuite amassé 28 000 $ lors d’un judothon

qu’il a organisé en l’honneur de la fillette de cinq ans

d’une collègue de travail qui se battait contre le cancer.

«C’était ma bonne action ultime avant de partir,

après 37 ans de service», dit Michel.

Mordu d’activité physique, le sexagénaire continue

de s’entraîner plusieurs fois par semaine,

en plus de ses quatre cours de judo hebdomadaires.

Il a même trouvé le temps d’inventer une ceinture de judo à velcro,

pour les enfants, qu’il vient de faire breveter.

Sans demi-mesure, le retraité profite

de chaque jour que la vie lui offre.

 

 

Photo Pierre-Paul Poulin

Miraculé

«Michel ne devait plus être là et ça fait 17 ans

[qu’il a vain­cu le cancer]», se réjouit sa con­jointe Chantal.

Sa passion pour le judo l’a-t-elle sauvé? Peut-être bien.

Il y aura toujours une part de mystère pour Michel, le miraculé du cancer.

«Toutes les religieuses de l’Externat Mont-Jésus-Marie ont prié pour lui.

Des fois, je me dis que ça a peut-être fonctionné», croit sa femme.


Source : .journaldemontreal.com

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Date de dernière mise à jour : vendredi, 30 juin 2017



 

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